Nantes, à la reconquête de la Loire
Urbanisme

Nantes, à la reconquête de la Loire

Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, Henri Bava, paysagiste de l’agence TER et Guillaume Hébert, urbaniste de l’agence Une Fabrique de la ville, viennent de dévoiler leurs intentions pour transformer progressivement, en 15 ans, les berges de Loire et la place de la Petite Hollande. L’ambition est double : faire émerger à l’échelle de la 6e métropole de France un grand cœur métropolitain qui se tourne à nouveau vers la Loire et renforcer la qualité de vie, l’animation au quotidien, l’attractivité commerciale et touristique du centre historique nantais. Avec deux priorités : rendre la Loire accessible à tous et faire plus de place à la nature en ville, sur les berges du fleuve mais d’abord, aussi, sur la place de la Petite-Hollande, centrale, avec son grand marché hebdomadaire.

Nantes aménagementImaginer l’avenir de 130 hectares, longeant la Loire sur 4 kms de berges, au cœur de la métropole… Le projet « Petite- Hollande – bords de Loire » est le projet emblématique du centre historique nantais. Son périmètre dessine un trait d’union en bord de fleuve, entre la gare et le Bas-Chantenay avec son futur jardin extraordinaire et l’Arbre aux hérons, et concerne des sites majeurs pour Nantes et sa métropole : le canal Saint-Félix, le site actuel du CHU, la place de la Petite- Hollande et le quai de la Fosse. Il est le maillon clé entre les 5 autres grands projets urbains engagés pour composer une nouvelle centralité métropolitaine : Pirmil-les-Isles au sud, l’île de Nantes, le Bas-Chantenay au nord-ouest, Euronantes et le projet Gare au nord-est.

Des objectifs issus du grand débat « Nantes, la Loire et nous »

Une grande consultation a été lancée en décembre 2016 auprès de paysagistes et d’urbanistes internationaux. Elle fait suite au grand débat « Nantes, la Loire et nous »
et ses « 30 engagements pour la Loire » pris en 2015 par Nantes Métropole. Les engagements n°26 et n°27 visaient précisément à concevoir un projet urbain des bords de Loire, de Malakoff au Bas-Chantenay, et à lancer ce concours international pour un grand espace public de qualité place de la Petite-Hollande, en y maintenant le marché hebdomadaire, avec le lancement d’un atelier citoyen spécifique. Le choix du lauréat a nécessité des débats avec des experts et avec 25 Nantaises et Nantais qui ont participé à toutes les étapes de cette consultation sous forme de dialogue compétitif. Ils ont auditionné les équipes en compétition et formulé un avis citoyen analysant les points positifs et négatifs de chacune des offres. Au terme de 9 mois de travail, c’est l’agence TER qui a répondu le mieux à la commande faite par les Nantais et qui a été désignée pour mener le projet.

La réponse des paysagistes de l’agence « TER »

Les grandes intentions présentées par l’agence TER font de la Loire le cœur de la métropole. Ses paysages et ses ambiances maritime et fluviale vont inspirer l’ensemble du projet futur,
le long des 4 km de berges où nature, jardins et liaisons douces prendraient une large place : dans les intentions des paysagistes, une plage s’installerait sur le canal Saint-Félix, , l’île Gloriette renouerait avec ses berges, le quai de la Fosse serait une succession de jardins maritimes, accueillant des structures légères, supports artistiques et d’animations, reliées à des ouvrages flottants ou des bateaux.

La place de la Petite-Hollande sera la première étape

Demain, la place de la Petite-Hollande continuera d’accueillir le marché du samedi. C’était un invariant de la consultation. Dans sa proposition, l’agence TER imagine une place libérée des voitures pour créer de grands espaces de vie et de nature. Autour de son marché hebdomadaire, l’immense place serait alors radicalement transformée, avec notamment un stationnement automobile qui deviendrait souterrain, libérant une longue perspective paysagère depuis la place du Commerce. L’objectif étant de voir et de ressentir la Loire depuis le centre-ville, la Petite-Hollande deviendrait alors une « place confluence » débouchant directement sur le fleuve. Au bord de l’eau, la création d’une cale en espalier serait un promontoire, au pied duquel l’estuaire s’invitera au gré des marées. Selon ces intentions de projets, la Petite-Hollande sera aussi demain une « place-parc », bordée au Nord par des jardins maritimes s’étirant jusqu’au quai de la Fosse, tandis que des jardins aux essences plus ligériennes agrémenteront le côté Sud. À l’Est, ce serait une place pavée qui permettra de maintenir et conforter le grand marché hebdomadaire, avec de longues tablées en bois pour pique-niquer, ainsi qu’un verger sur l’actuel square Daviais. À l’Ouest, c’est une grande pelouse qui offrira de quoi s’asseoir, jouer, prendre le soleil en regardant l’eau. Tout cet espace de près de 8 hectares sera idéal pour accueillir de grands événements populaires, culturels, festifs et musicaux.

Pour compléter le point de vue depuis la cale, l’agence TER propose des belvédères sur la médiathèque Jacques-Demy et la piscine Gloriette qui bordent la place. Un troisième panorama pourrait s’installer sur la terrasse d’une halle de marché permanente imaginée par les paysagistes autour du verger du square Daviais.

Des études techniques et un nouveau cycle de dialogue citoyen dès la rentrée 2018

Il ne s’agit pour le moment que des grandes intentions. Tout reste à débattre, à préciser, à construire. Les paysagistes-urbanistes de TER doivent élaborer le plan-guide des bords
de Loire, mener les études paysagères et urbaines et travailler précisément un programme d’aménagement de la place de la Petite-Hollande.

Comme l’engagement en avait été pris, un nouveau cycle de dialogue citoyen va démarrer dès la rentrée 2018 avec une première étape dédiée à la conception du programme et de l’aménagement de la place de la Petite-Hollande dans le cadre d’un atelier citoyen spécifique. Les études techniques vont être lancées en parallèle, notamment sur les questions de circulation. L’objectif est d’avoir un projet finalisé sur la place de la Petite-Hollande à la fin de l’année 2019 pour des premiers travaux prévus en 2020. Livraison prévue à l’horizon 2025. Les projets pour le canal Saint-Félix, l’île Gloriette et le quai de la Fosse s’affineront entretemps, dans leurs orientations et leur calendrier de mise en œuvre, au regard d’autres projets concomitants, dont le déménagement du CHU, le doublement du pont Anne-de-Bretagne pour y accueillir la nouvelle ligne de tramway ou le Jardin extraordinaire au pied de l’Arbre aux hérons. D’ici là, des préfigurations seront possibles, comme le « Quai des plantes » dès ce printemps, qui implante une pépinière temporaire sur l’estacade du quai de la Fosse et qui va donner à voir une première transformation du quai.

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