Urbanisme

Nantes, vers une densification respectueuse de l’environnement ?

La ville de Nantes se lance depuis peu dans une approche de densification de la ville pour lutter contre l’étalement urbain.

La ville souhaite densifier son territoire pour lutter contre l’étalement urbain afin de pouvoir loger des ménages qui s’exilent au-delà de l’agglomération mais aussi pour stopper le gaspillage de foncier et l’empiètement sur les terres agricoles et naturelles dans les campagnes environnantes.

Dans cette optique, plusieurs zones d’aménagement concerté ont été créées, comme celle de la Bottière-Chenaie ou Erdre-Porterie. Ces territoires font partie des derniers espaces vierges à l’intérieur même de la ville de Nantes et voient la construction actuelle de collectifs et des équipements qui sont indispensables à la naissance d’un quartier.

Ceci permet donc de limiter l’urbanisation de zones beaucoup plus lointaines et donc de limiter l’étalement de l’agglomération Nantaise, une des villes les plus dynamiques de France. L’aménagement de telles zones se faisant  à coût maîtrisé par la ville, cela permet de surcroît l’implantation de ménages dont les revenus ne leur auraient pas permis en théorie d’habiter dans la ville-centre. Mais l’aménagement de ces zones n’auraient pas de sens si la densité de logements construits n’était pas importante.

C’est pourquoi sur 35 hectares, les derniers terrains de la Bottière-Chenaie accueilleront 1 600 logements dans de nombreux collectifs qui permettront la mixité sociale par leurs différents niveaux de prix mais aussi qui permettront de loger plus de monde que dans des maisons qui s’alignent à l’infini dans des lotissements de la banlieue. Cette densité, encore relativement modérée puisque ces appartements trouvent place pour beaucoup dans de petits immeubles de 5 étages maximum au-dessus du rez-de-chaussée, se marie à un choix d’aménagement qui se veut largement écologique (autant dans la construction des logements que dans la constitution du parc central avec ses petites éoliennes), d’où le fait que ce futur quartier ait reçu le mois dernier du ministère de l’écologie le prix du Palmarès – Catégorie Densité et Formes Urbaines.

Gageons que loger beaucoup de gens dans un environnement « vert » est un principe qui plaira de plus en plus et provoquera la naissance de plus en plus fréquente de ce genre de quartiers.

En ce qui concerne le centre-ville et ses abords immédiats, de nombreuses initiatives ont lieu pour favoriser la densité des constructions. Le constat de départ est là encore très simple. Le centre-ville est le coeur de la ville, le lieu où les axes de circulation sont les plus nombreux (lignes de tramway, de busway, proximité de la gare, etc). Il faut donc construire plus haut dans les derniers lieux constructibles pour faire profiter au plus de personnes possibles de tous les services de centre-ville et encore une fois pour limiter l’étalement urbain.

Le projet Euronantes, lancé officiellement en 2005, est entré dans sa phase de concrétisation avec 80 000 m² de bureaux engagés, dont l’îlot 1B développé par Cirmad représentant 19 000 m² de bureaux qui sera livré en 2011 sur la zone Gare.

Euronantes est composé de deux sites géographiques :

  • Le « quartier Gare », situé autour du Canal Saint-Félix, entre la gare de Nantes et le stade Marcel Saupin

  • Le « quartier Tripode », qui se trouve sur l’île de Nantes, quartier desservi par le busway et sa station éponyme.

Des logements, commerces, hôtels et activités économiques seront présents avec en tête de proue un quartier d’affaires de dimension européenne. La première phase de ce projet est presque achevée, et beaucoup de ces constructions atteignent une dizaine d’étages environ pour des bâtiments dont chacun se fera l’opinion mais qui sont par ailleurs esthétiquement agréables à regarder et qui ont pour certains reçu des prix pour leur architecture.

Il est vrai que la ville de Nantes était habituée à des constructions de 5-6 étages au maximum et que là le progrès est indéniable, mais la question que l’on peut se poser est pourquoi ne pas monter plus haut ? Sans parler évidemment de construire des tours immenses de plusieurs centaines de mètres, pourquoi ne pas gagner encore quelques dizaines de mètres de hauteur dans des lieux stratégiques tels que l’arrière de la gare ou bien la zone du Tripode qui sont de surcroît des lieux vierges de toute habitation car étant des friches et où il n’y aurait donc pas d’atteinte sur le patrimoine historique ?

Globalement, l’île de Nantes est en pleine effervescence. De multiples projets ont lieu. Ainsi, le quartier de la Prairie-au-Duc est un nouveau projet. Auprès des Nefs qui abritent le grand éléphant, va naître un quartier avec une école et environ 380 logements. L’ensemble sera écologique et n’est encore qu’en élaboration qu’il a déjà reçu le prix du Palmarès – Catégorie Biodiversité urbaine / Nature en ville (lors de l’appel à projet écoquartier 2009 par le ministère de l’écologie).

Le projet se veut assez dense, sur l’une des rares esquisses qui ont filtré, nous pouvons en effet voir 3 bâtiments de 17 étages d’environ 55 mètres et  une dizaine d’immeubles de 5 à 10 étages. Mais ce n’est qu’une esquisse, si les premières constructions ont du succès, peut-être les suivants seront-ils encore un peu plus haut, permettant à plus de personnes d’avoir une superbe vue non seulement sur la ville, mais surtout sur la Loire…